Longue vie n’est pas, hélas, toujours synonyme de longue et bonne mémoire.

Ce n’est cependant pas le cas de M. Louis Bologne qui nous régale avec ses anecdotes savoureuses glanées lors de ses vacances à Tchêgne-à-l’pîre entre 1932 et 1938.

Nous en avons reçu plusieurs qui nous ont tellement plu que nous n’hésitons pas à vous les partager.

Cela vous rappelle d’autres histoires ?

N’hésitez pas à nous les communiquer.

Arrivée à Tchègne-à-l’pîre

« Nous sommes arrivés, lors de notre premier séjour en 1932, après une épuisante journée de voyage en train et tortillard. [1]

J’allais de surprise en surprise, car le-dit tortillard, très inconfortable, n’offrait à nos postérieurs martyrisés que de durs sièges en bois mais était équipé d’un poêle.

Suite à ce qui s’avéra une imprévisible imprudence (j’avais baissé la vitre opacifiée par une crasse noirâtre pour voir le paysage), je me retrouvai le visage piqueté de scories brulants !

Je découvrait une route asphaltée, moi qui ne connaissait que les pavés de chez nous.

Des tas de briquettes jalonnaient le parcours et, peu avant l’arrivée, un panneau fit une apparition surprise : une sorte de disque jaune décoré d’un remarquable corbeau du plus beau noir annonçait  » un fromage ».

Le même panneau, quelques centaines de mètres plus loin, complétait « au prix de gros » et, plus loin encore, « vous attend ».

Pour terminer, je le su plus tard, par « ici « .

C’était un endroit magique; le fromage n’y était pas vendu en tranches, comme chez nous mais par quart ou demi-tome.

Il y avait surtout d’énormes tas de troncs d’arbres qui me faisaient rêver.

Ils étaient, sans nul doute, destinés à la construction des forts que de courageux cow-boys érigeaient, protections invincibles contre les Indiens insidieusement dissimulés dans les forêts des alentours.

Mais, celà je ne le découvris que plus tard.

Le tortillard nous avait gentiment déposés devant la ferme d’Émile et Marceline Lespagnard [2], but de notre long voyage.

<< A suivre >>

Louis Bologne, de Liège

A propos de la ligne vicinale 579A – Melreux – Manhay

La ligne 579A est une ancienne ligne de tramway vicinal de la Société nationale des chemins de fer vicinaux (SNCV) qui reliait Manhay à Melreux. Elle fut supprimée le 11 avril 1954. Deux lignes vicinales étaient raccordées à la gare de Melreux située sur la ligne de chemin de fer allant d’Angleur à Marloie. La première, ouverte en 1886, reliait Merleux à La roche en passant par Hotton, Hampteau, Rendeux, Marcourt, Jupille s/Ourthe, Vecpré et Cielle. La seconde, mise en service en 1912, partait de la gare de Comblain-la-Tour, montait vers Xhoris, redescendait vers Ferrières pour ensuite atteindre Burnontige et Werbomont. Le trajet se poursuivait par Manhay, Lamorménil, Dochamps, Amonines, Pont d’Erezée, Fisenne, Soy, Hotton et Melreux 

Georges Henrard, originaire de Marchin, s’est pris de passion pour les voies ferrées il y a de nombreuses années. Après avoir été inspecteur à la SNCB durant sa carrière, il s’est lancé dans la rédaction de deux ouvrages sur des lignes vicinales qui traversent le Nord de la province de Luxembourg. La première ligne est celle de Melreux – La Roche, et la deuxième Comblain-la-Tour – Melreux.

L’ouvrage est peut-être encore disponible chez l’auteur : http://www.jfhenrard.be/ghenrard/15_melreux1.php5

— Notes et références —

[1] L’auteur ne dit pas par quel bout il a pris cette ligne vicinal n° 579A. A partir de Melreux, à partir de Comblain-la-Tour ?

[2] Quelqu’un connait-il Marceline et Emile Lespagnard ? Ou se trouvait leur ferme qui, manifestement accueillait, en été des familles citadines en villégiature ?

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