L’édition du 14 avril 1829 du jounal « Le Belge » [1] nous rapporte un tragique fait-divers survenu à Vissoule.

« Un violent incendie, dont on ignore encore la cause, a éclaté le 2 de ce mois [2], entre neuf et dix heures du soir, dans le hameau de Visoul, commune de Tavigny [3]. Les écuries, la grange et les hangars du sieur J.P.Lamborelle, cultivateur, ont entièrement été réduites en cendres. Environ 3,000 livres [4] des Pays-Bas de foin, 5,000 livres de paille, 350 pieds [5] de planches de hêtre, les harnais et beaucoup d’ustensiles de labour ont été la proie des flammes. Le bétail a heureusement été sauvé. Les efforts des habitants de Tavigny, joints à ceux de Cowan, accouruis au secours de leurs voisins, ont préservés de l’incendie les habitations contigues. On est parvenu à maitriser le feu vers les deux heures du matin. Le sieur Genin, garde-champêtre, s’est particulièrement distingué dans cette circonstance ; il a sauvé la vie à la dame Lamborelle, en l’arrachant des flammes dont elle aurait été infailliblement la victime.

On doit aussi beaucoup d’éloges à la conduite du sieur Favray, desservant [6] à Cowan ; pendant tout le tems de l’incendie, il n’a cessé d’encourager les travailleurs de son bras et de ses conseils. »

Le « Journal de la ville et du grand-duché de Luxembourg » du samedi 11 avril 1829 ajoute encore :

« C’est par de telles actions que les ministres de Dieu attirent sur eux les respects et les bénédictions des hommes. Secourir et aimer ses frères, est la première loi de l’évangile. Puissent tous les ministres de J.-C. se renfermer ainsi dans le cercle des devoirs qui leur ont été tracés par leur divin maître ! »

Il ne fait aucun doute que ce journal soit d’obédience catholique :-).

Quelqu’un sait-il où était située la ferme de JP Lamborelle ?

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[1] Résumé tri-hebdomadaire du « Courrier de l’Escaut » de Tournai. Ce journal monopolisait l’opinion catholique de la région. Source : Les groupes de presse belges en 1858 – G. Braive- Revue belge de Philologie et d’Histoire Année 1967 45-2 pp. 408-437

[2] Le 2 avril 1829.

[3] A cette date (1829), Visoul (ancienne orthographe) n’avait pas d’église. Rattachée à la paroisse de Cowan en 1808, Vissoule devint le siège de la paroisse Vissoule-Cowan en 1891 lors de la construction de l’église dédiée à St Georges.

[4] « Sous le Système métrique néerlandais, de vigueur entre 1816 et 1870, une livre néerlandaise (Nederlands pond) est officiellement redéfini comme étant 1 kilogramme, avec une once (ons) à 100 grammes. La livre néerlandaise avait donc plus que deux fois la valeur d’une livre sous l’ancien régime. Après l’abolition du système néerlandais, le nom kilogramme est devenu officiel aux Pays-Bas. Il est à noter qu’aujourd’hui, dans la vie quotidienne, le terme pond est utilisé exclusivement pour des quantités de 500 grammes, étant une valeur approchant celle de la livre de l’ancien régime. Dans une moindre mesure, le terme ons désigne aujourd’hui une quantité de 100 grammes. » Source Wikipedia

[5] « Le pied des Pays-Bas sera en mesure métrique de 314,794 mm. » – Système uniforme de poids et mesures en Hollande – 1814.

[6] Depuis le Concordat de 1801, on distingue les cures en deux classes. Cette division n’établit aucune différence entre les droits des titulaires, mais seulement entre leur traitement, qui est de 1.500 fr. pour les curés de première classe, et de 1.200 fr pour les curés de seconde classe. Le rang se règle par le chiffre de la population. Pour qu’une commune ait droit à une cure de première classe, il faut qu’elle ait au moins 5.000 habitants et une justice de paix, ou qu’elle soit chef-lieu de préfecture. Aucun nombre déterminé d’habitants n’est exigé pour une cure de seconde classe. Du point de vue civil, la paroisse est une cure, de première ou de seconde classe en ordre d’importance, desservie par un curé. La succursale est, en quelque sorte, une paroisse de troisième classe, à laquelle est attaché un desservant. – Source : Un canal et des hommes – canal de Bernistap-Hoffelt