Il y a quelques années, sans doute quelques personnes se sont-elles cassé les dents sur les magnifiques fèves des galettes des Rois proposées par Jean-Marc Philippart, de la boulangerie du même nom à Houffalize.
Une série de 8 fèves en céramique reproduisait quelques cartes postales anciennes les plus emblématiques de notre région.
Une très heureuse initiative que nous avons à coeur de rappeler.








Quelles sont les origines de la fève dans la galette des rois ?
Mettre une fève dans sa galette remonte à l’époque des Romains. Pendant l’antiquité, ces derniers célébraient les Saturnales, une fête d’origine romaine consacrée au dieu Saturne (le dieu Cronos, père de Zeus, chez les Grecs). Lors de ces festivités, qui se déroulaient aux alentours du solstice d’hiver, les Romains célébraient Saturne en organisant un énorme festin, durant lequel maîtres et esclaves partageaient un gâteau. Celui qui obtenait la fève (la légumineuse), devenait roi pour la journée et pouvait donner des gages, expliquait Nadine Cretin, historienne des fêtes spécialisée en anthropologie religieuse à l’Express.
C’est au XIVe siècle que l’Église française s’est appropriée la tradition. Désormais, la galette des rois est associée à l’Épiphanie, cette fête religieuse qui célèbre la visite des trois rois mages à l’enfant Jésus. [1]
Ce que nous confirme M. Thierry Renneson, qui complète l’information :
« La fève fait initialement partie des symboles du solstice d’hiver liés aux Saturnales. Au fil du temps, le légume est remplacé dans la galette par une pièce d’argent, puis par une pièce d’or (dans les familles riches). Il faut attendre la fin du XVIIIe siècle pour voir apparaître les fèves en porcelaine de Saxe, puis le début du XXe siècle pour que se répandent les fèves provenant des ateliers de Limoges. Le plastique s’empare de la fève en 1960, et supplante alors la porcelaine. La forme elle aussi évolue, prenant d’abord l’apparence de poupées, puis de baigneurs, avant de devenir des bébés emmaillotés, revenant alors à sa symbolique initiale de fécondité. Les symboles de chance et les animaux s’ensuivent, avant que n’apparaissent les premières fèves publicitaires au début du XXe siècle. »
— Notes et Références —
[1] La Voix du Nord du 2 janvier 2021 [2]
