« Le soir, Émile et Adelin invités par Papa, sont venus.
On va ouvrir les paquets, je vais enfin savoir… mais Papa ne semble pas pressé; il va chercher la bouteille et ils boivent la goutte !
Les grands sont parfois difficiles à comprendre, moi je « trèffèle » , je n’en peux plus d’attendre.
Enfin ! Il se décide.
Papa ouvre la grande boîte, c’est un peu comme une valise mais en plus long.
Il en sort un fusil, un « 12 » à deux canons.

Le « 12 » ça veut dire que ça tire des grosses cartouches, avec de la « chevrottine ».
Ça, c’est des gros plombs, comme des crottes de chèvre.
C’est un beau fusil, avec une belle crosse en noyer (comme je suis souvent dans l’atelier de mon grand-père , qui est « metteur à bois », je sais quand c’est « du beau » ) et, en plus, c’est un fusil moderne, sans chien !
Papa le caresse !
S’il croit que le fusil va ronronner !
Il abandonne enfin son nouveau jouet et, avec l’air d’un prestidigitateur (encore un beau mot, mais je le connaissais déjà ), il déballe une carabine, elle aussi sans chien, très belle, pour le tir à balles.
Et Papa, fier comme un coq, donne des explications, fait la démonstration, explique le fonctionnement de l’éjecteur automatique…
Il connaît tout ça, il a été contremaître chez Galand [1], un fabricant d’armes de luxe !
Son visage s’allonge quand Emile, qui semblait pourtant apprécier la petite merveille, lui apprend que le tir à balle n’est permis que pendant une période déterminée, et qu’il ne pourra donc pas étrenner son beau jouet… »
<< A suivre >>
— Notes et références —
[1] Charles-François Galand est né le 5 janvier 1832 à Aire sur la Lys (Pas de Calais), domicilié sur la Grande Place, fils de Jean Baptise Galand, Maçon et de Mélanie Douillet.
Il se marie une première fois, le 17 mars 1863, avec Reine Josèphe Hanon, née le 6 janvier 1835 à Aire sur la Lys.
Elle donnera naissance à Georges Emile le 9 avril 1863 à Paris.
Charles François se déclare « Négociant » sur l’acte de naissance d’Emile.
Le couple habite au 95 rue Lafayette à Paris.
Emile meurt le 4 juin 1894 au château de Solterre (Loiret).
Et à la naissance de René Charles, né le 24 janvier 1865, à Melin, commune de Onhane au sud de Namur en Belgique.
Charles François se déclare « Rentier ».
René Charles, qui, entre une carrière militaire débuté en 1883, travaille aussi avec son père en tant qu’armurier de 1891 à 1915, avant de se réengager et sera démobilisé en 1917.
Il sera fait Chevalier en 1920.
Charles François Galand travaille à Liège, aux 280, Rue Vivegnis, puis au 7, rue de la Loi.
En secondes noces, Charles François épouse, Julie Adélaïde Hanon, née le 10 septembre 1830, sœur aine de Reine Josèphe, le 14 juillet 1868 à la mairie du 9ème arrondissement de Paris.
Naîtra de cette union, Reine Julie, née le 7 mars 1872, elle meurt le 31 mars 1957 à Paris dans le 16ème arrondissement.
Julie Adélaïde meurt à Paris dans le 17ème arrondissement, le 1 mars 1894, Charles François se déclare sans profession.
Charles François aura aussi une succursale en Angleterre à Birmingham, au Loveday Street et ensuite vers 1881 au 21 Whittall Street.
A Paris le siège est situé au 3 rue Richer puis au 13 rue d’Hauteville.
Charles François meurt le 18 septembre 1900 en son château de Solterre dans le Loiret.
Il meurt le 8 mars 1934
Source : https://lefaucheuxnet.wordpress.com/2021/01/25/galand-charles-francois-1832-1900/
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