C’était une après-midi comme on les aime, réunis chez Marie, assis dans la cuisine, autour d’une jate di cafè.
Outre Marie, il y a A., B., F., T. mais aussi Pierrot C. et sa femme.
Et ça discute dans tous les sens, comme d’habitude.
Et Pierrot adore raconter des histoires, qu’il a évidemment toutes vécues lui-même.
Il les raconte avec un tel aplomb qu’on ne sait jamais si c’est du lard ou du cochon ou c’est co one di sès invencions.
« Vos î allez fwart », lui dit souvent Marie.
Mais Pierrot continue de plus belle.
La saison est propice aux champignons et il y a là quelques experts dans la cuisine, les uns pour les trouver, les autres pour les manger.
Et Pierrot de raconter que, lorsqu’il était jeune, il avait trouvé un champignon énorme « de plus de 60 kg. ! ». Et qui était gros comme ça, montra-t-il en écartant largement les bras.
La blague est trop grosse et personne ne le croit : « T’exagère« , « Pierrot, t’es né à Marseille ? » et autres réflexions du même genre.
Pierrot, boudeur, bougonne dans son coin : « gros comme ça » dit-il en se tournant vers moi.
L’affaire en reste là. Et puis voilà, au hasard de recherches, je tombe sur 2 articles de journaux !
L’Avenir du Luxembourg du 22 octobre 1949 raconte :
« Tavigny – Phénomènes.
Au cours d’une promenade scolaire, les élèves de l’école Vissoule-Tavigny ont découverts, au pied d’un hêtre, une couronne d’énormes champignons.
Deux de ces polypores phénoménaux pesaient respectivement 48 kg. (diam. 83 cm., épaisseur 28 cm.) et 46 kg.
Avis aux amateurs ! »
La Nation Belge du 26/10/1949 n’est pas en reste d’information :
« Deux écoliers de Tavigny ont trouvé deux champignons pesant respectivement 48 et 46 kg. Leur diamètre dépasse les 80 centimètres. et leur épaisseur 23 centimètres. »
Ben mince alors !
Maintenant, il va bien falloir croire Pierrot !

